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Vous êtes en panne de lecture? N'hésitez pas à feuilleter mon petit carnet de lecture pour y trouver des idées de livres à lire mais aussi parfois à éviter...! Plus jeune (avant l'arrivée d'internet ! ) je résumais mes lectures dans un carnet, je me suis dit qu'un blog me permettrait en plus de partager mes impressions de lectures avec d'autres lecteurs compulsifs. Alors bonnes lectures à toutes et à tous !

Mes mille et une nuits – Ruwen Ogien

Il s’agit d’un essai dans lequel l’auteur, qui est philosophe, s’en prend au « dolorisme » très à la mode actuellement. D’après cette théorie, la maladie (notamment quand elle est grave) permettrait au malade de s’élever. La souffrance modifierait sa façon d’appréhender le monde et rendrait donc le malade meilleur. On entend en effet de plus en plus de témoignages de malades disant à quel point la maladie les a changés mais dans le sens positif du terme (il faut noter cependant qu’il s’agit souvent dans ces cas-là de malades guéris). Ruwen Ogien, qui peut parler de la souffrance étant lui-même atteint au moment de la rédaction de son essai d’un cancer du pancréas (dont il est décédé depuis), réfute cette théorie. Pour lui, être malade ne grandit personne et développer cette idée revient à culpabiliser tous ceux qui luttent sans ressentir cette pseudo élévation. Cet essai, s’il est parfois un peu difficile, reste globalement abordable et interroge de manière très intéressante la place du malade dans la société actuelle ainsi que la relation médecin-patient tout en évitant de verser dans le pathos en dépit de la situation de son auteur.    

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J
Philosophe, chercheur, je connaissais un peu cet auteur dont les essais ont la vertu d’amener à réfléchir tout en restant très accessibles. Atteint d’un cancer du pancréas il entreprend, dans cet ouvrage, une réflexion sur la maladie chronique et le statut des malades qui en sont atteints. Il se positionne clairement contre ce qu’il appelle le « dolorisme », c’est-à-dire l’idée que l’épreuve, la douleur, grandissent ceux qui les subissent. Si cette épreuve peut amener à revenir sur soi, sur sa vie et à engager quelque « réinvention », elle n’en reste pas moins quelque chose dont on pourrait se passer.
J’ai retrouvé la clarté du discours, la profondeur de la réflexion mais la position de l’auteur, juge et partie, complique la situation. J’ai eu le sentiment que Ruwen Ogien hésitait entre le récit et l’essai. Cet équilibre, sans doute volontaire, peut gêner le lecteur. On n’a pas affaire à un nouveau livre relatant le parcours de quelqu’un atteint par une maladie grave. Exercice relativement fréquent actuellement en littérature. Il n’empêche qu’on oublie parfois la réflexion philosophique pour s’identifier au malade et compatir : la souffrance, le milieu hospitalier, les incertitudes, la succession d’espoirs et de déceptions… Ce qui nous guette tous.
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