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Vous êtes en panne de lecture? N'hésitez pas à feuilleter mon petit carnet de lecture pour y trouver des idées de livres à lire mais aussi parfois à éviter...! Plus jeune (avant l'arrivée d'internet ! ) je résumais mes lectures dans un carnet, je me suis dit qu'un blog me permettrait en plus de partager mes impressions de lectures avec d'autres lecteurs compulsifs. Alors bonnes lectures à toutes et à tous !

La familia grande – Camille Kouchner

Je pense que tout le monde connaît le thème de ce texte car l’auteure en a beaucoup parlé sur les plateaux télé notamment et que l’affaire a fait scandale. Camille Kouchner révèle l’inceste dont a été victime à l’adolescence son frère jumeau (rebaptisé Victor dans l’histoire) de la part de leur beau-père, Olivier Duhamel (qui n’est d’ailleurs jamais nommé). Il ne s’agit pas d’un simple roman-témoignage. C’est un vrai roman avec de réelles qualités littéraires. D’ailleurs l’inceste en tant que tel n’est que très peu abordé. Camille Kouchner revient sur sa famille, sur le contexte de l’époque et sur sa culpabilité. Elle s’en veut de ne pas avoir parlé et elle a besoin de ce travail d’écriture pour enfin se poser elle aussi en victime car c’est ce qu’elle est vraiment. On retrouve la même problématique que dans les livres de Lola Lafon ou Vanessa Springora : comment se sentir victime quand on se sent coupable voire complice ? Victor lui a parlé tout en lui demandant de se taire. Camille a vécu avec cette « hydre » comme elle l’appelle qui a bien failli l’étouffer jusqu’à ce qu’enfin ce livre paraisse. Le crime est prescrit mais l’écriture a permis cette libération et une condamnation très importante en réduisant le beau-père, ce beau parleur, au silence. Il s’est retiré de tous ses postes, il n’apparaît plus sur les écrans et c’est déjà une belle victoire. Ce que Camille Kouchner décrit c’est un petit milieu aisé, élitiste, de gauche, refusant toute forme de contrainte. A Sanary vivait pendant l’été une véritable tribu. A sa tête un roi : le beau-père. Une liberté totale. Plusieurs maisons. Un dortoir pour les plus jeunes qui étaient autorisés à tout faire. La nudité pour tous dans la piscine. Sous couvert de liberté, le pire devient possible. Et même quand la vérité éclate, la mère, Evelyne Pisier, nie l’importance, prétend que ça n’est pas si grave et va jusqu’à rejeter la faute sur ses enfants qui lui ont volé son mari et qui veulent maintenant le détruire. Tout ça est pathétique, écœurant et prouve que s’affranchir de toutes règles n’est pas sain.

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A
Comme quoi le slogan de mai 68 est un appel à la perversion : "il est interdit d'interdire"...On voit le résultat...(beaucoup prôné par la gauche...).
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E
Ce slogan partait d'une bonne intention mais il a effectivement entraîné des dérives...